Lekovilaz rejoint le collectif AKNL (Aret Kokin Nu Laplaz)

By 3 décembre 2015Projets

Lekovilaz rejoint le collectif AKNL (Aret Kokin Nu Laplaz).

Les CAUSES DU COMBAT du collectif concernant le projet d’hôtel du groupe Currimjee sur la plage de la Cambuse :

1. DANGER POUR LE PARC MARIN de Blue ­Bay (zone protégée par la Convention Ramsar) qui est déjà fortement dégradé:

a. Le projet ne garantit pas que le système de traitement des eaux usées ne portera aucune atteinte au Parc Marin de Blue­Bay;

b. Le rapport « Environment Impact Assessment » (EIA) émis par le promoteur ne comporte aucune restriction par rapport l’emplacement de la station de désalinisation. Or, le « servicing » de la station, (le rejet du sel dans la mer), ne doit un aucun cas se faire du côté du parc marin;

c. L’hôtel se situant sur des dunes de sable de nature poreuses, et se trouvant elles ­mêmes sur une couche basaltique composée de tubes et de cavités, certains types de déchets rejetés par l’hôtel seront absorbés par la Dune et redirigés vers le Parc Marin par le biais de la nappe phréatique;

d. Le collectif « Aret Kokin nou la plaz » (AKNL) souhaite que l’ensemble des parties prenantes du Parc Marin de Blue­Bay soit impliquées dans sa sauvegarde. Les parties prenantes sont entre autres composés de 3 hôtels, d’un morcellement résidentiel, d’opérateurs de bateau à fond de verre, d’ONG pour la préservation de l’écosystème marin, des garde­côtes, et de la
population en générale;

e. Pour rappel, il y a 15 ans, l’ONG « Eco­Sud » a mené un combat similaire contre la construction d’un hôtel dans le Parc Marin de Blue ­Bay avec succès.

f. Le Parc Marin de Blue­Bay abrite environ 38 espèces de coraux ainsi qu’au moins 72 variétés de poisson. Le parc compte entre autres, parmi les plus beaux exemplaires mondiaux du corail « Montipora aequituberculata », déjà fortement impacté par l’activité humaine. Le « Blue­Bay Marine Management Plan », réalisé en 2012 par le Dr. Arthur Mitchell, expert en écologie marine et
en élaboration de plans de gestion des parcs marins stipule que l’arrivée d’un autre hôtel dans le parc marin pourrait lui être fatal.

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2. DESTRUCTION DES DUNES MILLENAIRES:

a. Les dunes de sable sur lesquelles sera construit l’hôtel sont essentielles pour la régénération de la plage de la cambuse. L’Île Maurice était jadis entourée de telles dunes. Cependant, le développement du littoral, notamment pour des raisons économiques, en a eu raison. C’est en partie une des raisons
majeures de l’érosion de l’ensemble des côtes du pays. Cela justifie l’ardeur et l’urgence de notre combat que nous soulevons. Le caractère unique de cette Dune de sable, dernière restante, en fait un morceau intégrant du patrimoine Mauricien devant être préservé;

b. Pour rappel, le Gouvernement de la République de Maurice a, par le passé, souligné que ces dunes de sable ne devaient en aucun cas être dérangées.
Or, c’est ce même gouvernement qui a aujourd’hui autorisé à ce qu’un hôtel y soit bâti. Le début des chantiers ayant déjà porté une atteinte aux dunes, leur poursuite détruiraient les dunes en question de façon irrémédiable. Nous souhaitons porter votre attention sur le fait que des galeries (coulisses de l’hôtel) seront construites sous le niveau des dunes, de même qu’une piscine
et des différentes parties des bâtiments de l’hôtel;

c. Le rapport initial (dissimulé par le promoteur), rendu par la société HRIO dans le cadre d’une “étude d’impact sur le patrimoine culturel” (Cultural Heritage Impact Assessment), imposé par notre législation en vue de l’obtention de la licence dite « Environment Impact Assessment » (EIA) proscrit un tel développement sur les dunes de sables, développement susceptible de porter atteinte à leur stabilité.

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3. PROXIMITÉ DE LA NOUVELLE ROUTE avec le site paléontologique de Mare aux Songes:

a. Ce site a une renommée mondiale et est connu par la communauté scientifique puisque des ossements de tortues géantes (espèce aujourd’hui disparue), et surtout de Dodo, oiseau endémique et emblématique de l’île Maurice, ainsi que de nombreux fossiles de plantes disparues depuis des
millénaires.

b. Le rapport initial (dissimulé par le promoteur), rendu par la société HRIO dans le cadre d’une “étude d’impact sur le patrimoine culturel” « Cultural Heritage Impact Assessment » (CHIA), imposé par notre législation en vue de l’obtention de la licence dite « Environment Impact Assessment » (EIA) recommande que la nouvelle route menant à l’hôtel soit construite à 100 mètres du site menacé, avec une zone tampon naturelle séparant le site de la route. Or, il s’avère que la route a été construite à 30 mètres du site, passant outre les recommandations du rapport.

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4. DISPARITION DU LIEU DE PONTE DES TORTUES MARINES:

a. Les tortues marines dont les tortues vertes « Green Sea Turtle, (Chelonia mydas) » classé au niveau des espèces “menacés” par l’« International Union for Conservation of Nature» (IUCN), et potentiellement les tortues imbriquées « Hawksbill Sea Turtle, (Eretmochelys imbricata) » classé au niveau des espèces “sérieusement menacés” par l’IUCN, sont connue pour se rendre sur leur lieu de naissance après 30 années pour y pondre à leur tour. Le projet représente une grande menace pour le maintien de ce cycle de reproduction.
L’activité humaine aura une incidence catastrophique sur les cycles de ponte des tortues, au point que l’espèce disparaisse.

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5. ACCAPAREMENT DES BIENS PUBLICS:

a. Le projet se fait sur une zone classée « Defense Land », abritant encore jusqu’à récemment un poste d’entraînement des garde­côtes, poste déplacé aux frais de l’hôtel et à son profit.

b. Une diminution de la superficie de l’une des dernières plages sauvages dont peuvent jouir les Mauriciens a aussi été constatée. Près d’un demi hectare de plage sera définitivement enlevé aux Mauriciens, cela alors même que ces derniers se voient depuis 40 ans progressivement privés des vues de cartes postales si chère aux touristes. La conservation des plages publiques est essentiel pour la préservation de la culture Mauricienne, mais aussi pour l’équilibre social du peuple Mauricien.

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6. NON RESPECT des “plans stratégiques” et des législations en vigueur:

a. Selon la “Stratégie de développement National” (National Development Strategy » ou NDS), “aucun projet hôtelier ne doit être accepté en dehors des zones réservées à cet effet”. Or, dans le sud­est de l’île, seule la “Zone de développement Touristique de Mahébourg” est concernée, excluant la plage de la Cambuse et ses alentours bien que se trouvant à proximité.

b. L’ensemble des “Directives de planification“, tant au niveau national (cf «Planning and Development Act 2004 ») qu’au niveau local (cf « Outline Planning Scheme for Grand­Port Disctrict Council ») ne laisse aucun doute sur le fait que la Cambuse ne puisse faire l’objet d’un tel développement.

c. L’absence d’élaboration d’un “Plan de Gestion de la zone côtière”, ou « Integrated Coastal Zone Management Plan » (ICZM), obligation incombant au ministère de l’environnement et requis par le droit Mauricien relatif à la protection de l’environnement (2002) a aussi été constaté.

d. Les conditions dans lesquelles le permis de construire « Building Permit » a été alloué sont aussi à décrier. Près de 1,400 citoyens ont écrit au District Council pour objecter formellement à cette demande de building permit.
Seulement 350 furent invités a l‘audition « hearing » qui s’est tenu en une seule session le 14 Août 2015. Sur ces 350 citoyens, beaucoup reçurent leur lettre d’invitation après la séance. De plus, avant l’audition, les citoyens bénévoles du collectif «Aret Kokin Nu Laplaz » (AKNL) n’ont eu que 3 jours et demi pour consulter le dossier déposé par le Promoteur. Et le conseil régional « District Council » nous empêcha de faire des copies, ne serait­ ce même
que des photos, pour pouvoir analyser les différentes pièces du dossier (plus de 500 pages).

e. Si une ligne directrice, approuvée par les gouvernements successifs pour les années 2000 à 2020, situait un plafond pour le nombre de chambres d’hôtels à 9500 pour l’ensemble de l’île, cela dans le but que le tourisme reste soutenable pour le pays, nous avons pu constater une violation de cet engagement, le nombre de chambres étant passé à plus de 12000 en 2015.

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7. MISE EN PERIL de l’industrie touristique a moyen et long terme

a. Diminution de l’attrait touristique à moyen et long terme, étant donnée l’incapacité des gouvernements à préserver le patrimoine écologique et sociale du pays;

b. Nécessité pour le pays de migrer vers un nouveau paradigme touristique, qui;

i. renforcera la démocratisation de l’économie touristique;
ii. sera plus inclusive pour le développement des régions avoisinante;
iii. attirera un tourisme plus responsable de notre patrimoine écologique et sociale

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